Patrick Hanocq

Patrick Hanocq portrait photo
© 2015 Evangélia Konstantinidis Patrick Hanocq- Atelier Arts Plastiques au Créahm Région Wallonne a.s.b.l.

Fantasmatique, onirique ou encore idéaliste, l’univers quotidien de Patrick Hanocq est sa muse artistique. Chaque peinture ou dessin au feutre est composé de formes souvent anguleuses où, de la plus petite à la plus imposante, se dissimule une version codée de ses plannings pré établis, réels ou fictifs.

Happé par les méandres de ses réflexions permanentes, Patrick est fréquemment emporté dans des monologues souvent très prolixes. Ses expériences de vie, il tient à les partager. D’apparence intempestive, ses bavardages rituels nourrissent ses idées qui se greffent naturellement sur la toile. Eberly, l’atelier théâtre, l’atelier peinture, l’impro,… sans oublier l’élément crucial qui orchestre parfaitement ces plannings aux airs pré formatés : les heures, les jours, les semaines, les mois,… bref le temps qui s’écoule et laisse des traces. Ces dernières, il ne tient pourtant pas à les consigner dans son travail sous forme de datation des œuvres ou encore en les marquant de son caractère graphique.

Guidé par sa soif de production picturale, Patrick fait de l’atelier arts plastiques son école au sein de laquelle il poursuit un projet d’art, un projet de vie. Revisité par l’artiste, le concept de poupées russes et de leurs parfaits emboitements prend une dimension artistique abstraite dépouillée de toute connotation à caractère anthropomorphique. Il ne s’agit pas pour l’artiste de voyager dans le temps à l’instar de ces matriochkas, symboles de générations en réseaux. Sa méthode créative, pour le moins originale, s’appuie sur la notion d’espace. Le spectateur regarde, observe et, inévitablement, tente de décrypter ce qui lui fait face. Un vaste plan géométrique est soumis à son regard interrogateur.  Il scrute le moindre carré, triangle et rectangle de la composition qu’il contemple. Là où certains voient en ses peintures des plans urbains, des chemins de fer ou encore des systèmes électriques, l’artiste affirme brièvement qu’il s’agit simplement de l’image qu’il est en train de créer de ses propres mains, et rien de plus ou s’amuse parfois à confirmer les spéculations de son interlocuteur.

À bien des égards, sa technique de production entretient elle aussi un caractère aléatoire et spontané. Ambidextre, assis ou debout, parfois faisant face à sa toile, parfois la lorgnant du coin de l’œil, tenant le pinceau du bout des doigts à son extrémité, ou encore le serrant à sa base au plus près de ce qu’il peint, Patrick Hanocq tisse de véritables fourmilières sur base d’un canevas sensiblement identique d’une œuvre à l’autre. De manière hasardeuse, il pointe le bout de son pinceau sur une parcelle du support. Tel un squelette de dimension carrée, la feuille de papier est d’emblée balayée d’un ton sombre et monochrome donnant à l’ouvrage un vague aspect de puzzle énigmatique. Les quelques espaces vides de couleurs et parfaitement délimités ne demeurent pas longtemps épurés. De manière épisodique, les formes de diverses tailles s’imbriquent au fur et à mesure les unes aux autres. Privilégiant généralement les contrastes dans ses choix de coloris, il abandonne pourtant l’utilisation non systématique mais appréciée des argentés, dorures et autres couleurs pailletées et irisées des débuts. Délaissant progressivement la multiplication excessive des formes en tous genres dans ses ouvrages, les peintures de l’artiste acquièrent une certaine simplification au niveau de la composition. Pourtant, la lecture qu’en fait chaque spectateur conserve une part de mystère indécelable.

 

 

 

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