Alain Meert

Alain Meert portrait photo
© 2015 Evangélia Konstantinidis Alain Meert – Atelier Arts Plastiques au Créahm Région Wallonne a.s.b.l.

Mercredi, on va faire de l’impro, m’en fout ! rétorque-t-il à Alain Winand bien décidé à s’y employer. Improviser, déjouer les règles de l’art et surtout de la conduite, Alain Meert  utilise l’humour et la désinvolture à sa guise. Tenace, comme le précise Patrick Marczewski, cet artiste de l’atelier arts plastiques donne du fil à retordre à ceux qui l’entourent. Insatiable, il multiplie ses œuvres au gré des fantaisies créatives qui l’animent selon le moment. Jonglant souvent entre plusieurs réalisations, il s’emploie à gérer beaucoup de choses à la fois, stimulant ainsi son imaginaire. Abondance de création et abondance créative, Alain Meert expérimente aussi les supports et les modes de représentation. Il s’ouvre aux possibilités et improvise quand l’envie sonne à sa porte.

Défense de lancer une canette de coca sur un train ou un bus! Mis en Garde par un membre de sa famille, Alain Meert se promet de rester vigilant et respectueux des lois et son travail s’en fait ressentir. Imprégné par cette interdiction, les moyens de locomotion deviennent un motif récurrent. Ainsi, le voyage, à présent bien ancré dans ses thématiques, est représenté sous diverses formes. Avant qu’il disparaisse d’entre les murs du Créahm par le plus grand des mystères, il affectionnait particulièrement un projet : celui d’un grand bateau en carton. D’abord seul à bord, il a réussi à embarquer l’équipe qui, finalement conquise, a développé l’idée pour réaliser une vidéo festive pour adresser ses vœux pour l’an neuf en 2011.

Il y a la mer, mais aussi le ciel. Place donc aux avions. Et pour cause, de tailles et de formes différentes,  ses engins volant envahissent le plafond surplombant ainsi une surface considérable de l’atelier. Bleu, vert, orange, rose et parfois non colorés, avec ou sans personnages, pour les fabriquer, il ne lésine pas sur le matériel : tubes, embouts, ou morceaux divers et variés de plastiques sans oublier çà et là les petits bouchons de liège qui forment les pièces de ces appareils.

Voguant d’un média à un autre, d’une technique à une autre, Alain Meert s’amuse avec les possibilités artistiques qui s’offrent à lui. Bien qu’il cultive toujours une thématique fortement présente depuis ses débuts à l’atelier, celle du monde musical des people, il s’éloigne de ses premiers émois où les thèmes de la Belgique et du football inondaient ses entreprises artistiques. Il décide de mettre le cap sur de nouveaux horizons. Mu par sa curiosité naturelle, il introduit régulièrement du neuf dans ses œuvres. Voyant ses camarades utiliser le textile dans leurs créations, en 2013 il se décide et en fait de même. Subversif et authentique, il n’hésite pas à détourner le rôle premier de ses créations pour en proposer l’usage à l’atelier théâtre, sait-on jamais.

Conservant toutefois sa singularité, il adopte ses propres thématiques et a même récemment mis sur pied une nouvelle technique alliant l’utilisation du fusain et des marqueurs sur carton pour finaliser le travail avec de l’acrylique.

Ressemblant souvent à un véritable carnaval de couleurs, bon nombre de ses créations témoignent d’une joie de vivre certaine. Muni de son pinceau, même lorsqu’il produit à répétition un motif qu’il aime tout particulièrement, le squelette humain, il n’hésite pas à les illuminer de jaune.

La solitude, il ne la conçoit pas. La simple idée que quelqu’un se trouve près de lui devient, de manière presque systématique, un prétexte pour communiquer. D’ailleurs, il affiche en permanence ce besoin de contact et de proximité. Son travail s’en ressent indéniablement. Sa visite au Japon lui permit de faire une rencontre, une chérie, qui a indubitablement marqué son univers artistique. Enlacés affectueusement, il se représente avec sa chérie, son amour. Une fois, deux fois, trois fois, des dizaines, ses reproductions n’ont pourtant pas constamment le même aspect. Les visages ou plutôt les expressions, il les modèle, il les façonne. Colère, peur, joie et parfois même impassibles ces mimiques faciales figées traduisent probablement son ressenti. Au gré de ses humeurs, il semble apporter quelque chose de neuf, quelque chose de différent, quelque chose de personnel. Tel un besoin presque compulsif de combler le vide, ce manque ressenti, il rend aussi souvent hommage aux personnes importantes de son existence, Alain Meert tente d’immortaliser leur présence au travers de ses feutres, pastels et autres pinceaux.

Son espace de travail aussi est sacré. Il le chérit, le cultive sans cesse. Depuis toujours, tel un rituel incontournable nourrissant sans cesse son inspiration, il se plait à mettre sur pied une vitrine éphémère et constamment renouvelée de ses œuvres autour de son espace de travail. S’agissant tantôt d’instruments de musique, d’animaux ou encore de portraits, étalées à la vue de tous, elles forment une mosaïque linéaire et structurée composées de formes, de thèmes et de couleurs en tous genres. En constante demande de reconnaissance, il ne fait jamais l’impasse sur l’éternelle question qui le taraude continuellement à propos de son art : C’est beau ça ?

 

 

 

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